~ Thème : Sing me a song of storms (Eté 2017) ~
 
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[Recensement 2017] Donnez nous de vos nouvelles <3

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 †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |

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MessageSujet: †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |   Mar 25 Sep - 20:31

~ Shade † ~

~ Prénom : Un nom, une épellation, est-ce si important de savoir cela ? Pour sa part, ça n'en vaudrait même pas la peine. Ce mot, cette interpellation, ne ferait que définir la pauvre silhouette emprisonnée à ses pieds sous les rayons du soleil, cette créature apeurée qui a laissé place à la folie pure. Mais si vous y tenez vraiment, nous le prénommerons Shade.
~ Age : Quelque part dans la vingtaine.
~ Sexe : Ceci ne ressemble point à une femelle.
~ Race : Tout est sur le front.
~ Cutie Mark : Deux pentacles superposés. L'un rouge, plus gros, et dont l'étoile pointe vers le haut. Le deuxième, noir comme de l'encre, plus petit, et dont l'étoile pointe vers le bas.
~ Talent : Serait-ce vraiment un talent, que de pouvoir entrer en contact avec les morts, que de les sentir quotidiennement autour de soi ? Ce fut même, à ses yeux, une totale répugnance. Mais graduellement, il fut bien forcé de se familiariser avec cette faculté et finit même par s'y plaire totalement. Autrement, bien que ce soit son principal don, Shade pratique également, pour ses rituels, surtout la magie dite blanche, mais aussi la magie plus noire
~ Métier : On ne peut pas dire qu'il a vraiment un métier ; il n'occupe aucun lieu de travail public et n'a pas réellement de statut d'employé prédéfini. Toutefois, dans son propre gîte, les poneys savent qu'ils peuvent venir le voir pour lui demander d'entrer en contact avec les morts à travers des cercles afin de régler des problèmes de spectres ou d'avoir des nouvelles de leurs proches. Malheureusement, Shade n'en tire qu'un profit bien moindre.
~ Lieux de résidence : À la limite de Ponyville, non-loin de la forêt Everfree. N'ayant pas les grands moyens, il habite une petite cabane dont l'état miteux rappelle l'ancienneté qu'elle a.
~ Breed (Race des parents) : Ses parents ? Il les a oublié, ou du moins, a tout fait pour s'enlever ces deux licornes de la tête.

~ Physique (Minimum 3 lignes) :

Spoiler:
 
| Pour description de la Cutie Mark, voir plus haut naturellement. (: |

Il faut dire que physiquement, il n’a rien à voir avec le commun d’Equestria. Son apparence particulière, bien que fade et sinistre, n’a jamais donné confiance à son entourage. À sa simple vue, tout individu le qualifierait même de « sorcier malfaisant ».
Mais si on regardait plus en détails, la seule description de son anatomie nous en dirait déjà beaucoup sur son histoire et sa personne, ce qui, néanmoins, n’est pas le but de cette section.
D’abord, le moindre poney le regardant poserait ses yeux directement sur le défaut de son oreille gauche. En effet, voici là une malformation de naissance qui le condamnait déjà à s’attirer les remarques et insultes de tout genre durant l’enfance. Sa deuxième oreille en reste néanmoins parfaitement normale, l’extrémité étant légèrement arrondie. Durant l’adolescence, question de montrer aux autres qu’il n’en avait rien à foutre de son complexe, il fit mettre des piercings à son oreille gauche, les gens pensant par la suite qu’il devait être un de ces rebelles dérangés.
Au niveau de la carrure, l’étalon est assez haut sur pattes, mais pas très massif. Il a une tête ni trop grosse, ni trop petite, une mâchoire carré où ne figure habituellement qu’un sourire indifférent ou narquois. Un front large camouflé par sa crinière bicolore mal soignée. Celle-ci étant coupée au bas de la tête, on peut la définir par sa teinte bleu foncée et par la mèche rebelle d'un faible bleu ciel. Sa queue broussailleuse assez courte possède les mêmes couleurs, une entourant l’autre.
Vient ensuite sa robe particulière d’un gris bleuté, tapissée de toute part de tâches pas très évidentes à voir, sauf au niveau de la croupe. Au bout de ses pattes se remarquent des sabots entourés de quatre bracelets provenant d’une boutique de sorcellerie qui lui servent pour ses rituels. Il possède une corne assez longue, un halo noir transparent l’entourant lorsqu’il utilise la magie. Finalement, le plus unique chez lui reste ses yeux. Deux pupilles noir de jais, vides d’expression, entourées d’iris d’un rouge presque incolore. Et de toute son existence, aucune lumière n’a jamais pu se refléter dans ce regard, comme si la vie n'y régnait pas, comme s'il n'était que l'ombre de lui-même.

~ Caractère (Minimum 3 lignes) :

Un unique mot pourrait parfaitement le décrire : fou. C’est un excentrique de la vie, mais surtout un solitaire aux valeurs et aux coutumes étranges. Il croit en l’au-delà, voue un culte à tout ce qui a un aspect surnaturel, passe des heures enfermé avec lui-même à pratiquer des rituels. Il est dans sa tête, sort des théories complètement illogiques aux questions qui lui sont posées. Il vous paraîtra rapidement incompréhensible, mais il sait néanmoins user des mots dans le bon ordre des choses lorsqu’il s’agît de son métier. Si la majorité du temps, on le voit sourire bêtement de ce rictus sardonique, il affiche sinon cet air neutre silencieux, restant de marbre tout en fixant le vide, semblant replonger dans de sinistres souvenirs. À sa façon, il essaie d’être social envers les autres habitants, bien que cela reste son gros handicap et qu’habituellement, il tolère difficilement la compagnie régulière. De nature plutôt patiente, il n’existe néanmoins pas plus têtu que lui lorsqu’il s’agit de garder une idée en tête.
L’équidé à des attributs plutôt particuliers. S’il peut sembler un brin cinglé et naïf à son habitude, il n’est toutefois pas idiot et étudie vigoureusement les aspects liés au spiritualisme. N’étant pas un étalon colérique, Shade a néanmoins un petit plaisir à se venger sur les intimidateurs qui osent venir le narguer. Rassurez-vous, rien de bien méchant, il adore seulement jouer avec leur peur, envoyant des spectres de toutes sortes les hanter durant quelques jours. Malgré, encore ici, ça peut sonner faux. Autant Shade n’est pas méchant, autant a-t-il un sens du sadisme propre à lui-même en jouant avec la santé mentale des poneys qu’il n’aime pas. Mais ça, c’est un côté inévitable dont il a longtemps voulu se séparer. Car, voyez-vous, sous ses traits de petit poulain, il dut bien subir les moqueries de ses « camarades » ainsi que l’indifférence de ses parents.
Son passé, bien que sinistre, explique aussi d’où vient sa personnalité bien aberrante et son isolement. Seulement quelques années plutôt, il restait un adolescent muet, mais sain d’esprit. Il reniait même ces morts tourmentés qui, aujourd’hui, sont finalement ses seuls vrais amis ainsi que toute sa vie. Nonobstant, le mâle, lorsqu’il est question de servir les poneys qui lui demandent, peut se démontrer assez sympathique, voir même amical.
Outre part, Shade n’est peut-être pas un nostalgique de la vie, mais il souffre beaucoup intérieurement à cause de son passé. Ainsi, si vous voulez lui tirez les vers du nez de ce côté, autant dire finalement que les seuls individus au courant de ses malheurs antécédents sont les esprits. Parfois, on dirait même qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même, qu’il emploie cette fausse personnalité incompréhensible que pour tout oublier et faire croire aux autres qu’il est né ainsi.
Il y a une autre chose assez unique également chez lui. Ridicule comme caractéristique, mais l’équidé a extrêmement peur des juments. Le type féminin, remontant aux mauvais souvenirs qu’il a de sa mère, lui a fait développer une phobie particulière à l’égard de toute femelle. Certes, il dut bien accepter qu’elles s’approchent de lui lorsqu’il était question du métier, mais tremblait comme une feuille quasiment à chaque cercle, ne voyant que le reflet de la marâtre à chaque fois. Bref, il apprécie donc davantage la compagnie des autres mâles et sait cependant supporter la compagnie des spectres féminins.
Finalement, Shade n’a pas un caractère propre à lui. On ne saura jamais par quoi il se caractérise précisément de nos jours. Mais une chose est sûre ; tout est à la base de son histoire.

~ Histoire (Minimum 4 lignes) :

Acte 1 : TORMENTS

Assis dans le noir, contre le plancher en bois rugueux, il alluma un cierge afin d’y voir plus clair. Son regard caverneux fixa la flamme, celle-ci dansant sous le souffle de sa respiration. Il recula légèrement et s’allongea devant la bougie, se plongeant dans de profondes pensées interminables tout en essayant de se calmer l’esprit. Encore aujourd’hui, il avait eu une crise d’angoisse à cause des mauvais souvenirs. Elles étaient naturellement rares, mais récemment, son passé semblait vouloir ressurgir. Il ressentait même le besoin d’en parler, lui qui, naturellement, ne racontait jamais sa vie aux autres. Il soupira longuement, puis tenta en vain, durant les minutes suivantes, de s’endormir au chaud devant ce feu plus que miniature. Il fut néanmoins dérangé par une odeur familière de biscuits brûlés. Plissant les yeux, il promena ses yeux partout à travers la pièce, essayant de discerner l’origine de l’effluve. C’est alors qu’il le vit, traversant le mur de sa demeure, reconnaissant la marque de beauté en forme de biscuit sur sa croupe. C’était Dust, ce vieillard rabougri qui venait le voir régulièrement à cette heure tardive. Cet ancien talentueux cuisinier de biscuits avait pour principale occupation de venir lui faire la causette chaque jour depuis sa mort. Il descendit vers lui et le rejoignit autour de la chandelle. De son regard glacial, il fixa le jeune étalon qui lui jeta également un bref coup d’œil avant de se rasseoir. Shade baissa alors la tête entre ses épaules, affichant un air triste et accablé.
    « Alors fiston, tu me dis ce qu’il se passe ? Je sais bien déchiffrer les esprits tourmentés quand je les vois. »


Le mâle leva légèrement la tête, interpellé par les paroles du défunt. Lui parler de ses problèmes ? Était-ce vraiment ce qu’il souhaiterait ? Bien sûr que discuter ne lui ferait pas de tort, mais il n’avait jamais eu confiance envers les autres au point de se confier. L’ancêtre remarqua son hésitation.
    « Garçon… Cela fait plus de cinq ans que nous nous connaissons. Je viens te voir presque chaque jour, et tu sais qu’en dehors de toi, je ne fréquente aucune autre âme. Tu peux me faire confiance, alors dis-moi ce qui ne va pas. »


Il avait raison. Certes, l’équidé ne fut jamais très bavard en la compagnie de l’aïeul, mais à sa façon, il le considérait un peu comme le vrai père qu’il n’eut jamais eu... Juste en y pensant, des larmes de pleurs atteignirent ses yeux. Son paternel, celui de sang, n’avait jamais pu être un vrai parent pour lui. Il était assimilé par cette… chose. Chose qui soit disant, n’était qu’une fausse mère sans cœur. Il commença à sangloter profondément, fermant les yeux tout en contractant son visage. Puis il se mit à rire bêtement, s’esclaffant par pure folie.
Dust l’intima directement à se calmer d’un ton fort, puis reprit la parole pour une troisième fois.
    « Tu ne crois pas que ça suffit comme ça ? Chaque fois que je te vois pleurer, tu vires complètement dingue et tu finis par t’engouffrer, alors arr… »


Shade l’interrompit de sa voix rauque.
    « Tu veux vraiment savoir ? Ces souvenirs, ces bordels de souvenirs, ils reviennent me hanter, ils m’assaillent, me torturent. Je veux les oublier, mettre ce putain de passé dans une cuve remplie de poison … Mais tu as peut-être raison. Tant que je ne partagerai rien, ça restera sûrement dans ma tête. »

    « Alors, qu’attends-tu ? » insista le vieillard.


L’étalon soupira, puis regarda le fantôme.
    « Je suis né à Manehatten, dans un appartement poisseux […] »


Acte 2 : CHILDHOOD

Aujourd’hui, j’allais avoir sept ans, mais personne n’allait le fêter... En fait, on ne célébrait jamais mon anniversaire, mais j’aimais tout de même cette journée. Cet unique jour par an ou elle me laissait tranquille, ou elle ne me torturait pas, ou elle semblait avoir au moins un brin artificiel de compassion pour moi. La seule insulte que je devais supporter, c’était le reproche qu’elle me faisait d’être né, d’avoir envahi sa vie comme un vulgaire parasite. Elle m’avait déjà même avoué en pleine face avoir tenté tous les moyens pour se débarrasser de moi. Elle s’était toujours refusé d’avoir une progéniture, et j’étais évidemment le poulain non-désiré, un misérable accident. Elle n’aimait pas les marmots. Élever un gamin, pour elle, ça semblait être comme une corvée répugnante, vue la façon dont elle me rejetait.
Papa, de son côté, il obéissait carrément à maman comme s’il était son esclave. Il ne parlait presque jamais, passait soit son temps à faire le ménage ou à aller se morfondre dans un coin. À chaque fois que j’essayais d’avoir une conversation avec lui, il ne me répondait pas. Plusieurs fois même, j’avais tenté de lui demander pourquoi il se soumettait, comment il avait pu finir avec une jument comme ma mère. Peu importe, il restait muet comme une carpe, n’en disait pas un mot. Je détestais ce comportement de sa part, car il possédait une belle personnalité qu’il n’exploitait pas. Je le savais parce que parfois, quand maman n’était pas à la maison, il sortait un casse-tête pour qu’on le fasse ensemble tout en me parlant avec douceur et affection. C’était les seuls moments où je me sentais réellement heureux, ou j’avais l’impression de vivre une vie normale.
Aujourd’hui, j’allais avoir sept ans, mais j’allais aussi commencer l’école. Pas une école de magie bien sûr. Mes parents n’avaient pas les moyens pour ça, et ma mère n’enverrait surtout pas son fils dans une institution ou il risquerait d’être heureux et bien instruit. En fait, j’allais étudier dans l’établissement le plus minable de tout Manehatten : un vieux bâtiment d’une classe ne pouvant pas contenir plus de trente poulains.
Je me demandais d’ailleurs pourquoi elle osait envoyer son fils qu’elle détestait plus que tout à l’école. J’avais eu ma réponse avant même de partir pour la première journée.
    « Réjouis-toi pas trop vite p’tit imbécile. Si je t’envoie là-bas, c’est pour t’avoir le moins possible dans les sabots. »


J’ignorai la remarque, bien que cela me fit un coup au cœur. Même si maman était comme ça depuis ma naissance, je n’avais toujours espérer qu’avoir deux parents normaux m’aimant pour qui je suis. Chaque jour, il n’y avait pas un instant où elle venait me voir sans m’insulter sur mon existence, mon oreille déformée ou ma probable stupidité. Si elle ne s’acharnait pas sur moi, c’était mon père qui en pâtissait.
Bref, je devais me rendre à l’école.

***

Voilà maintenant deux semaines que j’avais commencé les cours. Ce n’était pas plus pire qu’à la maison, mais c’était loin d’être une partie de plaisir. Il y avait Mme Wood, le style d’enseignante qui vous fait glacer le sang : mystérieuse, peu bavarde et sévère. Elle traitait tous les élèves de la même façon, n’ayant pas de favori et faisant ce qu’elle avait à faire.
Évidemment, je n’avais pas d’amis(es) et au contraire, je m’attirais bien le regard des autres avec mon mutisme et mon oreille complexée. Rapidement, il y a eu les remarques comme « vieille oreille balafrée », « le connard à l’oreille déchirée », « monstre de Manehatten » et j’en passe. Le harcèlement provenait surtout de ce Black Wind, un pégase, comparable à la brute de la classe. Parfois, à la fin des cours, il essayait de me faire peur en me poursuivant sur le chemin du retour, ou en me bousculant lorsque je sortais du bâtiment. Il y avait aussi les menaces de lui donner ce que je possédais, le genre de trucs clichés, mais qui me mettaient tout de même très mal à l’aise.
Le soir, lorsque je rentrais, je ne pouvais m’empêcher d’aller pleurer dans ma chambre, supportant, en plus de l’intimidation à l’école, les injures incessantes de ma mère à mon égard. Je me couchais sur le matelas, la tête en pleurs entre mes sabots entrecroisés. Parfois, je songeais même à quitter ce monde, ou à partir loin, extrêmement loin de toute cette misère. Malheureusement, je n’avais ni l’argent, ni l’âge de me débrouiller par moi-même. Il fallait attendre, et supporter tout ce fardeau.

***

Environ trois ans plus tard, rien n’avait changé. Toujours à la même école, avec les mêmes têtes d’hypocrites et à la maison, avec la même famille.
Mais, il y eut cette soirée particulière. Assis sur le sol, en train de faire un devoir important, je sentis la température de la pièce devenir horriblement froide. Je m’entourai alors d’une petite couverture, trouvant étrange qu’il fasse aussi glacial en juin. Puis quelques minutes après, je ressentis un souffle sur mon cou, un frisson soudain me parcourant le corps. Je me retournai brusquement, ne distinguant personne. J’entendis néanmoins un long bruit. Un soupir sonnant métallique, une voix de nature inconnue. Puis c’est alors que je le vis. Un spectre, un poney, transparent, le regard vide. Il flottait doucement à côté de mon lit, s’approchant de moi. Je gémis de peur tout en essayant de reculer.
    « N’a..n’approchez p..pas ! »


Il s’arrêta brusquement, ses yeux fantomatiques me fixant.
    « Tu me vois ? »


J’hochai rapidement de la tête tout en ravalant ma salive.
    « Qu..qui êtes-vous ? »

    « Je ne m’en souviens plus. Je suis une âme errante. Je traîne un peu partout, à la recherche d’une signification à la mort. »


C’est alors qu’il se volatilisa, qu’il disparut tout bonnement devant moi. Estomaqué, je me disais que cela devait être une hallucination, que j’étais tellement déprimé au point de m’imaginer des trucs.
Quelques instants plus tard, ma mère entra dans ma chambre, me foudroyant du regard.
    « À qui parlais-tu bâtard ? »

    « À..à.. perso…»

    « Peu importe, ferme ton putain de clapet. »


Elle retourna dans la salle principale, ses sabots retentissant agressivement sur le plancher. Je retenu ma colère autant que mes larmes tout en allant directement au lit, voulant m’éloigner un peu de la réalité.

***


Non, ce n’était pas du tout une hallucination. Les mois qui suivirent, alors que les autres poneys obtenaient leur marque de beauté, moi je m’attirais les spectres par dizaines. Il y en avait partout, peu importe où je regardais. Et bien que je me doutais être le seul à les voir, je n’avais pas pu m’empêcher de demander à des passants s’ils étaient au courant de présences paranormales ces temps-ci. Ils faisaient tous non de la tête, me dévisageant du regard. Quand à ces fantômes, certains semblaient remarquer que je pouvais les distinguer. Soit ils essayaient de venir me parler, soient ils disparaissaient. De mon côté, j’essayais de les fuir le plus possible, étant dégoûté par ce « don » étrange que je possédais.
Ma mère semblait remarquer que je devenais plus anxieux, et elle en profita pour m’insulter encore plus. Elle commença même à m’enfermer dans la penderie quelques heures par jour, me disant que j’étais devenu fou, dérangé, signalant que je ne sortirais pas tant que je serais à nouveau calme. Mais le pire était que cet endroit sombre restait habité par deux âmes défuntes qui n’arrêtaient pas de me hanter chaque fois que j’y pénétrais. Leurs bruits agaçants me rendaient fou au point que je n’arrivais plus à dormir la nuit, une fois sorti de là.
C’est alors, qu’un jour, papa contredis maman pour la toute première fois de sa vie. Il hennissait fort, lui suppliant d’arrêter de me faire du mal, de me laisser un peu tranquille. Bien sûr, celle-ci ne l’écouta pas, l’insultant avant de le renvoyer faire des tâches ennuyeuses. Je le regardai alors d’un air triste, me disant qu’il n’avait pas à endurer tout ça. Après quoi, il n’y avait plus d’espoir au bonheur dans cette sale existence.

Acte 3 : LIFE WITH GHOSTS

Deux ans plus tard.
Je m’étais trouvé un passe-temps. J’avais commencé à essayer d’étudier les esprits, à tenter de m’habituer à leur présence au lieu de les fuir inutilement. J’avais tout d’abord parcouru des livres de magie spirituelle trouvés à la bibliothèque. Après quelques mois de pratique, je réussis à apprendre quelques petits sorts servant à les invoquer ou les éloigner. Puis, graduellement, je commençai également à leur parler, à faire leur connaissance.
À l’école, en me voyant « parler seul », on commença à me traiter de fou, de schizophrène. Certes, j’avais juste à ne pas parler aux spectres en publique, mais le problème est qu’ils étaient finalement les seuls amis(es) que j’avais. Un jour même, alors qu’une bande de poneys étaient venus me critiquer sur mon apparence de rat gris et mon flanc vierge, un des fantômes avec qui j’avais l’habitude de me tenir les a renversé après les avoir soulevé dans les airs pour leur faire peur. C’est alors qu’un des trois m’avait dévisagé du regard avec effroi.
    « C’est un sorcier fou, allons-nous-en ! »


Ils sont donc allés avertir directement Mme Wood que je faisais de la magie noire pour faire du mal aux autres. Celle-ci a averti directement ma mère qui est venue par la suite me chercher.
En arrivant chez nous, inutile de vous dire que j’ai eu droit aux pires jurons. De plus, elle m’a enfermé dans ma chambre durant deux mois, m’interdisant d’aller à l’école par le même moment. Bien sûr, papa m’apportait à manger, mais je devais passer mes journées à rien faire et à m’ennuyer. Je blâmai intérieurement l’esprit qui m’a mené à cette punition, bien que je savais qu’il essayait uniquement de m’aider.
Pendant ces deux lunes ou j’étais emprisonné, je devins peu à peu réellement fou. Je pratiquai davantage la magie autant noire que blanche, accompagné des revenants. C’est aussi durant ce temps que j’obtins enfin ma marque de beauté. Deux pentacles, représentant le bien et le mal, mais aussi le fil qui me reliait aux présences du monde des morts sur Equestria. On pouvait dire que j’avais enfin découvert une raison de vivre dans ce monde de crétins.

***


Quinze ans, des piercings à l’oreille, des bracelets étranges aux sabots, devenu complètement fou.
Ces temps-ci, je n’allais plus à l’école. Je traînais dans les quartiers tel un jeune étalon dérangé. Je me marrais bêtement à un rien, je m’enfermais dans ma piaule, qui était devenue mon sanctuaire. Je pratiquais des rituels, j’envoyais des esprits faire du mal aux autres poneys, après tout ce qu’ils m’avaient fait. Je n’avais plus confiance envers personne, ni même envers les spectres, à quelques exceptions près.
Je n’avais plus de pitié pour mon père, qui s’était engouffré plus que jamais. Et ma mère, cette sale marâtre que je craignais plus que jamais, faisait encore vraiment tout son possible pour me donner des idées noires. Depuis quelques mois, à chaque fois que je croisais une jument, je n’y voyais que son reflet, et j’avais le goût de me réfugier six pieds sous terre. Même si j’essayais le plus possible de l’éviter, elle me semblait être partout à la fois. Et quand elle venait me voir par elle-même, je me réfugiais dans un coin de la pièce, figé sur place, ma crinière bleue camouflant mes yeux exorbités.
Un soir, elle resta plus longtemps que d’habitude et décida de s’approcher vers moi, un sourire sadique pendu à ses lèvres.
    « Allons Shade… tu n’aurais tout de même pas peur de ta mère ? Viens ici que je t’apprenne une bonne leçon… »


Paralysé, j’essayai de m’enfoncer encore plus dans le mur, mon pelage gris s’hérissant au niveau de l’échine. Elle se mit à crier de venir devant elle. Sa corne commença à briller de son halo rouge sang. Je remarquai alors qu’elle tentait d’user sa magie sur moi, essayant de me tirer jusqu’à elle. Je me démenai, mais en vain, son sort était trop puissant. J’usai alors de toutes les forces que j’avais et appelai intérieurement les esprits. Deux formes apparurent quelques secondes plus tard. Ils se mirent autour de moi, m’empoignèrent directement par les avant-bras. Ma mère n’eut donc plus le contrôle et je pus me libérer.
D’un geste rapide, je partis au galop en passant devant elle et traversai la porte de ma chambre. Je sortis de l’appartement en entendant son cri strident puis son rire de cinglée. Je parcourus la ville, passant entre les dizaines de gratte-ciels, quittant même le territoire de Manehatten. Je voulais partir loin, très loin. Oublier cette vie, ce passé, aller dans n’importe quel endroit tant qu’elle n’y serait pas. Je partis moi aussi à rire stupidement, tout en arrêtant pas de courir.

***


Après quelques jours de voyage, j’étais arrivé dans cet endroit nommé PonyVille. Je n’avais pas d’argent, pas de logis, pas de nourriture. Et encore, je n’avais que quinze ans, comme quoi il était seulement possible de se débrouiller seul à cet âge-là.
Je me promenai bêtement dans les rues pendant deux ou trois journées, ne sachant pas trop quoi faire, me disant qu’il faudrait bien que je me trouve un endroit où travailler si je voulais avoir quelque chose pour vivre et me nourrir.
En marchant, j’arrivai alors à ce qui semblait être le bout de la ville. Je distinguai alors au loin une forêt profonde, semblant sentir quelques présences paranormales à travers celle-ci.
Soudainement, devant moi, apparut un fantôme à l’allure d’un vieillard. C’était un poney terrestre, assez petit, avec une marque de beauté en forme de biscuit […]

Acte 4 : THE END
    « […] et tu connais le reste. Tu m’as montré cette cabane, j’ai emménagé et j’ai commencé à offrir mes services aux autres poneys. Et jamais, jamais je ne suis revenu chez moi. Je ne sais même pas ce qu’ils sont devenus aujourd’hui, et je ne veux pas le savoir. »


Il afficha un air sombre tout en fixant le revenant.
    « Petit… Je suis désolé… Je ne savais pas que tu avais vécu autant de misère… Je..je comprends que tu puisses ressentir une telle souffrance… »

    « Bah voilà, tu sais maintenant. Et sans cesse, j’ai l’inquiétude constante qu’elle vienne ici, qu’elle me ramène, qu’elle re…recommence… »

    « Shade, ça suffit. Comment pourrait-elle seulement te forcer ? Elle ne sait même pas où tu es et personne ne laisserait une licorne aussi malsaine pénétrer dans PonyVille. Alors écoute-moi. Tu mènes une vie heureuse, plus personne ne te fait du mal et tu peux être sûr qu’aucun poney ici ne laissera arriver quoi que ce soit à l’un des leurs, même s’il est différent. »

    « Dust. J’ai perdu toute confiance envers le moindre poney vivant depuis bien longtemps déjà. »


L’ancêtre le regarda tristement, sachant bien au final qu’essayer de le convaincre de ce côté était inutile. L’étalon afficha néanmoins un bref rictus, un vrai sourire sincère comme il était rare de les voir sur sa mâchoire.
    « Mais tu as raison, ça fait du bien d’en parler. »


~ Famille : La famille ? Ce mot lui traverse plutôt la tête comme si elle était creuse. Qui voudrait donc se rappeler de ce père dépressif, de cette marâtre dont la méchanceté est même indescriptible ? Bien qu'il eut éprouvé de la sympathie pour son paternel, il a néanmoins décidé de taire à jamais l'existence de sa génitrice sans coeur.


~ Toi, derrière ton écran ! ~

~ Prénom : J'men rappelle plus. Honest
~ Âge : 17 piges.
~ PUF : Wave.
~ Comment trouvez-vous FoE ? Sympa, accueillant, convivial.
~ Comment avez-vous trouvé ce forum ? Google. Smile
~ Des suggestions pour l'améliorer ? Nope.
~ Possédez-vous d'autre(s) compte(s) sur le forum ? Nope.
~ Code : Validé par la Wonderbolt. Honest


Dernière édition par Shade le Lun 1 Oct - 4:58, édité 24 fois
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I AM Invité


MessageSujet: Re: †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |   Mar 25 Sep - 21:24

Tient ton perso s'entendrait bien avec le mien ^^"(pouvoir pratiquement identique)
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MessageSujet: Re: †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |   Mar 25 Sep - 21:55

    C'est vrai que ça se ressemble beaucoup tiens. Smile
    La différence est que Shade peut pas vraiment les invoquer, puisqu'il les entend sans le vouloir.
    En tout cas, ce serait sympa de faire un RP avec nos perso'. (8 (surtout qu'ils ont presque les mêmes facultés justement)


Dernière édition par Shade le Mar 25 Sep - 21:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |   Mar 25 Sep - 21:57

Le code est bon. Smile
Bienvenue, et bon courage pour la suite de ta fiche !
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MessageSujet: Re: †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |   Mar 25 Sep - 22:06

il les invoque pas vraiment mais c'est un peu compliqué ^^",en tout cas une fois que tu sera vallidé,bah on pourra voir pour un rp
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MessageSujet: Re: †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |   Mar 25 Sep - 22:13

    Spitfire » Merci bien. Smile

    Aslan » Ouaipe, éventuellement. (8
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MessageSujet: Re: †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |   Lun 1 Oct - 4:53

    Désolée du double-poste, mais c'est pour avertir que j'ai terminé ma fiche. Smile
    Donc désolée en avance pour l'incohérence à plusieurs passages et les probables fautes de syntaxe, conjugaison, ponctuation, etc. J'ai essayé de me relire du mieux que j'ai pu en sachant que je devais tout faire le plus vite possible avec la rentrée qui arrive.
    Bref, merci à celui ou celle qui vérifiera ma présentation. ^^
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MessageSujet: Re: †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |   Lun 1 Oct - 14:34

fiche très bonne, histoire original et sympathique! valider en somme!^^
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MessageSujet: Re: †. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |   

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†. Shade - « La vie est une Ombre qui marche. » - Licorne | EN COURS |

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